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Un notaire de chaque côté : comment travaillent notaire vendeur et notaire acquéreur

Sur une acquisition d'opérateur, il est fréquent que le vendeur garde le notaire de famille et que l'opérateur vienne avec le sien, qui connaît ses montages. Deux notaires ne coûtent pas plus cher aux parties, mais ils ne travaillent pas à la même vitesse ni sur les mêmes priorités. Bien organisée, la collaboration sécurise l'opération ; mal organisée, elle fait perdre un mois.

Deux stylos signent un même contrat immobilier sous une maison en métal anthracite.
À visée informative

Ce guide présente des principes généraux à visée informative. Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal, comptable ou financier, ni une consultation. Toute décision sur une opération doit être validée par les professionnels compétents : avocat, notaire, expert-comptable, conseil en gestion de patrimoine, géomètre, assureur.

Deux notaires, un seul tarif

Les émoluments des notaires sont réglementés. Lorsque deux notaires interviennent à un même acte, ils se partagent les émoluments selon les règles du tarif : l'acquéreur, qui paie les frais d'acte, ne paie pas davantage que s'il n'y avait qu'un notaire. Les droits et taxes reversés à l'État, et les débours, ne changent pas non plus.

Ce point mérite d'être expliqué au vendeur particulier : garder son notaire ne lui coûte rien, et le rassure. Pour l'opérateur, l'enjeu est ailleurs : dans l'organisation du travail entre les deux études.

Qui fait quoi

L'un des deux notaires est rédacteur : il prépare la promesse puis l'acte de vente, réunit les pièces, procède aux formalités et conserve la minute. L'autre participe : il défend les intérêts de son client, relit, négocie les clauses et assiste à la signature. La désignation du rédacteur relève de l'accord entre les études et des usages locaux ; elle se décide dès le départ, par écrit.

ÉTAPENOTAIRE RÉDACTEURNOTAIRE EN PARTICIPATION
Collecte des piècesRéunit titre, urbanisme, diagnostics, état hypothécaireTransmet les pièces de son client
PromesseRédige le projetRelit, négocie conditions suspensives et clauses particulières
Purge des droits de préemptionEnvoie les déclarations et suit les délaisVérifie les réponses
Acte de venteRédige, fait signer, conserve la minuteRelit, conseille son client, co-signe
Après la signaturePublicité foncière, enregistrement, fondsSuivi pour son client

Ce qui fait perdre du temps — et comment l'éviter

La plupart des retards viennent de trois situations :

  1. Le rédacteur n'est pas désigné clairement. Chaque étude attend le projet de l'autre. Solution : un mail commun dès l'accord sur le prix, qui désigne le rédacteur et fixe une date de signature de la promesse.
  2. Les clauses propres à l'opérateur arrivent tard. Substitution, conditions suspensives de permis et de purge, engagement de revendre, paiement à terme : si elles apparaissent au stade de la relecture, tout est renégocié. Solution : l'opérateur transmet à son notaire une fiche de montage avant la rédaction.
  3. Le vendeur découvre le montage chez son notaire. Une clause de substitution ou un long délai de condition suspensive, présentés sans explication, inquiètent. Solution : expliquer le montage au vendeur en amont (voir notre guide sur la vente à un marchand de biens).
Le meilleur accélérateur d'une vente à deux notaires, c'est un dossier complet envoyé le premier jour aux deux études en même temps.

Ce que le notaire de l'opérateur doit maîtriser

Un notaire habitué aux opérations d'achat-revente fait gagner un temps considérable, parce qu'il connaît les points qui conditionnent la rentabilité :

  • la désignation du bien lorsqu'une division est envisagée, déterminante pour le régime de TVA ;
  • l'engagement de revendre et ses conséquences sur les droits d'acquisition ;
  • la clause de substitution, au profit d'une société de projet ou d'une SEP ;
  • les conditions suspensives utiles (permis purgé, division, financement le cas échéant) et leurs délais ;
  • le paiement à terme ou le paiement différé d'une partie du prix, lorsqu'il est prévu.

Le cas du prêt : un troisième notaire ?

Lorsque l'acquisition est financée par un établissement qui impose son propre notaire pour l'acte de prêt, un troisième intervenant peut apparaître. Les frais ne se cumulent pas davantage, mais le calendrier se complique : la date de signature doit être calée avec trois études. À anticiper dès l'offre de prêt.

Le dossier à envoyer aux deux notaires dès l'accord

Identité des partiesPersonne physique, société, ou faculté de substitution
DésignationRéférences cadastrales, lots, projet de division éventuel
Prix et modalitésPrix, paiement comptant ou à terme, séquestre
Conditions suspensivesListe, délais, qui fait les démarches
CalendrierDate cible de promesse et de réitération
Montage fiscalEngagement de revendre, régime de TVA pressenti

Ce guide présente l'organisation habituelle d'une vente à deux notaires et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles de partage des émoluments et les usages de rédaction relèvent de la réglementation notariale et des pratiques locales : votre notaire vous les précisera.

Les questions qui reviennent

Le vendeur doit-il payer son propre notaire ?

Non, dans une vente classique les frais d'acte sont à la charge de l'acquéreur et les émoluments sont partagés entre les deux notaires. Le vendeur peut en revanche supporter certains frais qui lui incombent, comme les diagnostics ou la mainlevée d'une hypothèque.

Qui choisit le notaire rédacteur ?

Les études s'accordent, en tenant compte des usages locaux et du souhait des parties. L'important est que la désignation soit faite tôt et par écrit, pour qu'un seul projet circule.

L'opérateur peut-il imposer son notaire au vendeur ?

Non. Chaque partie est libre de choisir son notaire. L'opérateur peut en revanche proposer que son notaire soit rédacteur, en expliquant que celui-ci connaît les clauses propres à son activité.

Deux notaires, est-ce plus sûr pour le vendeur ?

C'est surtout plus rassurant. Chaque notaire est tenu à un devoir de conseil envers toutes les parties à l'acte ; un second notaire permet au vendeur d'avoir un interlocuteur qu'il connaît pour lui expliquer les clauses d'un montage d'opérateur.

Le regard du terrain

Guillaume Rychner

Fondateur d'AOI Network — Marchand de biens et promoteur en Île-de-France depuis plus de 10 ans.

Avertissement. Ce guide est publié par AOI Network à titre d'information générale, à destination des professionnels de l’immobilier. Il reflète l'état des règles et des pratiques à la date indiquée en tête de ce guide ; les textes, la jurisprudence et la doctrine administrative peuvent avoir évolué depuis. Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal, comptable ou financier, ni une consultation au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, et ne remplace pas l'analyse d'un professionnel. Chaque opération étant particulière, toute question juridique, fiscale, comptable ou technique doit être tranchée par les professionnels compétents (avocat, notaire, expert-comptable, conseil en gestion de patrimoine, géomètre-expert, assureur…). AOI Network ne saurait être tenue responsable des décisions prises sur la seule base de ce document.

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